Le syndrome métabolique

Comprendre le Syndrome Métabolique

Le syndrome métabolique touche environ 20% de la population en France et plus de 40% des plus de 50 ans en Amérique du nord. Il s’agit donc d’un problème de santé important et préoccupant. Ce syndrome métabolique est lié principalement à nos modes de vie modernes et en particulier à notre alimentation. 

Tour de taille

Comment repérer le syndrome métabolique

La définition du syndrome métabolique est floue et varie selon les pays : Amérique du nord ou Europe. Une définition a toutefois été proposée, en 2017 par un groupe d’experts sous l’égide de la Fédération Internationale du Diabète. Elle repose sur des critères chiffrés : 

  1. Tout d’abord : une obésité abdominale avec un tour de taille supérieur à 94 cm pour l’homme et 80 cm pour la femme. L’évolution de ce tour de taille est le critère le plus important à prendre en compte.
  2. Et au moins deux des éléments suivants
  • Pression artérielle : supérieure ou égale à 130/85 ou hypertension traitée
  • Triglycérides élevés : plus de 1,5g/l
  • Faible taux de HDL cholestérol : moins de 0,4g/l chez l’homme et 0,5 g/l chez la  femme
  • Glycémie à jeun : plus de 1g/l ou diabète de type 2 traité.
Schéma syndrome métabolique

Le syndrome métabolique reste très longtemps asymptomatique. Il est toutefois important de le repérer car il augmente le risque de développer certaines pathologies :

  • Maladies cardiovasculaires : Infarctus, AVC…
  • Diabète de type 2
  • Maladies du foie : stéatohépatites non alcooliques
  • Syndrome des ovaires polykystiques
  • Apnée du sommeil

Par ailleurs, dans la plupart des cas, une résistance à l’insuline précède de plusieurs années l’apparition de ce syndrome. 

Une augmentation du taux d’acide urique dans le sang pouvant être responsable de crise de goutte ou de calculs urinaires est souvent associée au syndrome métabolique en particulier chez les hommes.

Un repérage précoce est indispensable afin de prévenir l’apparition du syndrome métabolique et en amont la perte de la sensibilité à l’insuline.

La résistance à l'insuline

Qu’appelle t’on résistance à l’insuline ou insulinorésistance ?

L’insuline est une hormone produite par le pancréas. Son rôle est de réguler le taux de sucre : glucose, dans le sang : la glycémie et de la maintenir à des valeurs normales. L’insuline joue un rôle déterminant dans l’absorption du glucose par les cellule et dans le stockage et la transformation du glucose en énergie.

Lorsqu’il y a une insulinorésistance, les tissus et les cellules de l’organisme répondent moins bien à l’insuline. Ils sont moins sensibles à cette hormone. Cette résistance à l’insuline passe souvent inaperçue au départ car le pancréas peut produire plus d’insuline pour compenser la résistance des cellules. Cette insulinorésistance peut conduire au diabète de type 2 et au syndrome métabolique. Elle augmente le risque de maladies cardiovasculaires. Elle est également au coeur de maladies de civilisation au-delà du syndrome métabolique et de l’obésité : elle est aussi impliquée dans certains cancers ou dans des syndromes de fatigue chronique ou encore dans l’arthrose, par exemple.

Les facteurs favorisant l’insulinorésistance sont essentiellement le surpoids et lobésité et la mauvaise alimentation.

Un bilan sanguin permet de détecter cette résistance à l’insuline grâce au dosage de la glycémie et du taux d’insuline dans le sang : l’insulinémie qui permettent de calculer l’indice HOMA, augmenté en cas de résistance à l’insuline. Il est également nécessaire de suivre l’évolution du tour de taille qui sera aussi un bon indicateur de risque d’insulinorésistance.

Insuline

Quels sont les facteurs favorisant le syndrome métabolique ?

Plusieurs facteurs favorisent la survenue du syndrome métabolique et en particulier : 

  • Le manque d’activité physique
  • La sédentarité 
  • La mauvaise alimentation
  • Le tabac est un facteur de risque d’obésité abdominale et de syndrome métabolique 

L’hérédité est également évoquée dans le syndrome métabolique ainsi que l’origine ethnique.

Sédentarité

Prévenir et prendre en charge le syndrome métabolique

La prévention et la prise en charge du syndrome métabolique et de l’insulinorésistance associée reposent sur un accompagnement thérapeutique global, adapté à chaque patient, par un professionnel de santé. Cette prise en charge comporte plusieurs éléments : 

L'alimentation

La mise en place d'une alimentation santé est primordiale pour la prévention et la prise en charge du syndrome métabolique :
- Adopter un modèle méditerranéen avec beaucoup de fruits et légumes, des produits laitiers de chèvre et de brebis principalement, des épices et aromates, de l'huile d'olive qui peut être associée à l'huile de colza, limiter la viande, le sel et les produits industrialisés.
- Insister sur la réduction des glucides et le remplacement des sucres à index glycémique élevé par des index glycémiques bas. Dans l'idéal, un seul repas par jour comportant des glucides complexes : pâtes, riz complets, pain complet.
- Diminuer la viande rouge et les charcuteries. Préférer la volaille.
- Eviter les produits industrialisés et les sodas

Salade grecque

L'activité physique

L'activité physique est essentielle dans la prise en charge du syndrome métabolique et de l'insulinorésistance. Elle améliore la sensibilité à l'insuline.
L'activité physique conseillée est de type aérobie : marche modérément rapide, à la limite de l'essoufflement, 30 minutes par jour, 5 jours par semaine.
La remise en mouvement pour une personne sédentaire se fera de manière progressive. Il est possible de commencer par exemple par 15 à 30 minutes de marche 2 à 3 fois par semaine puis d'augmenter progressivement. la durée, la fréquence et l'intensité de l'activité,

Remise en mouvement

Le mode de vie

Il est important également d'agir sur le mode de vie :
- Arrêt du tabac et de la consommation excessive d'alcool.
- Temps de sommeil suffisant : 8 heures par nuit selon son rythme de sommeil. La sensibilité à l'insuline va, en effet, diminuer en cas de dette en sommeil.
- La mise en place d'un jeûne intermittent en fonction des recommandations médicales peut être intéressante pour améliorer la sensibilité à l'insuline.
- La gestion du stress est également importante dans la prise en charge du syndrome métabolique.

Les compléments alimentaires

Les compléments alimentaires sont indispensables dans la prise en charge du syndrome métabolique. La prise de ces compléments alimentaires se fera sur prescription et suivi médical. Il s'agit principalement :
- De rééquilibrer le microbiote qui est perturbé dans le syndrome métabolique, avec des fibres prébiotiques alimentaires ou en supplémentation et des probiotiques.
- D'apporter des micronutriments : vitamine D, Magnésium, chrome et zinc principalement.
- D'apporter des acides gras omégas 3 : par l'alimentation : petits poissons gras : sardine, maquereau... ou en compléments alimentaires d'huile de poisson par exemple et des polyphénols : curcuma, berbérine et épices, aromates, thé... dans l'alimentation.

Curcuma

L'index glycémique

Le choix d’aliments à index glycémique bas est un élément important de la prise en charge du syndrome métabolique et de l’insulinorésistance.

L’index glycémique est un critère de classement des aliments contenant des glucides basé sur leurs effets sur le taux de glucose dans la sang : la glycémie, dans les 2 heures qui suivent leur ingestion. Cet indice a été pensé au départ pour les patients diabétiques. Plus l’augmentation de la glycémie induite par le glucide est forte, plus l’index associé est élevé. L’index glycémique d’un aliment est donné par rapport à un aliment de référence : le glucose pur ou le pain blanc auquel on attribue un indice de 100. L’index glycémique est considéré comme élevé si il est supérieur à 70 et faible si il est inférieur à 55

Toutefois, même si cet index glycémique est toujours donné fixe dans les différents tableaux, il peut varier en fonction de la maturité d’un fruit par exemple, de la cuisson de l’aliment, de son intégrité : produit raffiné ou pas, transformation industrielle, de sa nature : aliment solide ou liquide : par ex : fruit entier ou jus de fruit, du contexte alimentaire : aliment consommé seul ou au cours du repas, présence de fibres alimentaires, de lipides et de protéines. Ainsi, il est important de tenir compte de la charge glycémique globale de la portion alimentaire. Un autre index est également important : l’index insulinique.

Index glycémiques

En résumé

Le syndrome métabolique est en constante augmentation dans le monde et en particulier dans les pays industrialisés. Il est lié à notre mode de vie moderne et à notre alimentation. Il est associé à une insulinorésistance. Il peut être asymptomatique pendant longtemps. Il est important de le diagnostiquer et le prendre en charge le plus rapidement possible par la mise en place d’une alimentation santé et d’un mode de vie favorable.

Pour en savoir plus

Au cœur des organes : la glycémieVidéo inserm.

The metabolic syndrom : A high-risk state for cancer ? Stephanie Cowey, Robert W. Hardy. The american journal of pathology. Novembre 2006.

Troubles nutritionnels : Syndrome métabolique. Adrienne Youdim, David Geffen  MSD Manuals 8/21.

Zoom sur le syndrome métabolique. Fédération française de cardiologie :  8/10/16 et 21/5/21.